Samu'Ailes

Samu’Ailes

Mon rapport au chamanisme est assez particulier et, comme pour chacun, il m’est propre. J’ai suivi ma première enseignante pendant deux ans, qui travaillait beaucoup avec cet outil. Elle avait été elle-même formée par une chamane d’Amérique latine. Je l’ai observée assidûment.

J’ai dû faire la distinction entre pratiquer le chamanisme et être chamane, dès le début et à mes frais (j’ai participé à une cérémonie où j’aurais dû m’abstenir). Pour moi, il y a une différence entre pratiquer le chamanisme et se prétendre chamane. Le chamanisme fait partie de mes fréquences ; c’est un outil à utiliser avec précision et discernement.

Au départ, je ne comprenais pas pourquoi les occidentaux portaient des attributs de chamane. Je pensais qu’il n’était pas nécessaire de s’habiller avec une plume où je pense pour pratiquer le chamanisme. Et c’est vrai. Cependant, mes objets de cérémonie sont ensuite entrés dans ma vie…

Le premier était une grande plume de marabout, dont la rencontre fut fortuite et surprenante. J’ai dansé et travaillé directement avec elle, ce qui était magique. Les sensations et résultats me paraissaient à la fois naturels et magiques. Le marabout est un oiseau charognard d’Afrique et d’Inde, consommant 5 kg de viande morte par jour. Sa plume ressemble à une petite faux, très pratique pour nettoyer les énergies lourdes.

Ensuite, j’ai acquis un fouet mongol. Une amie m’avait parlé d’une chamane mongole qui l’utilisait, et cela m’a interpellé. Je l’ai commandé à une autre amie qui se trouvait justement en Mongolie à ce moment-là. Il est efficace pour chasser et nettoyer les énergies dont on ne veut pas. Il a son propre caractère, qui s’est adouci avec le temps, mais qui a surpris ceux qui ont osé le toucher sans permission.

Puis, j’ai rencontré mon tambour. Je n’étais pas particulièrement attiré par cet instrument, j’avais même envisagé de me fabriquer un hochet. Mais lors d’un festival, j’ai emprunté un tambour pour une cérémonie d’ouverture et j’ai ressenti une très forte connexion. Sa peau est en bouc, une bête aussi têtue que moi, et son bois est en hêtre, l’arbre avec lequel j’ai le plus d’affinités. Le bois est teinté de rouge avec une essence d’Inde, le pays où j’ai passé mon enfance et de nombreuses vacances. Ce tambour m’a choisi.

Récemment, j’ai reçu un masque chamanique de Russie. Les vibrations chamaniques qui me parlent le plus sont russes, mongoles et même celles du paganisme européen. Chacun a sa propre fréquence. Ce masque s’est imposé dans ma vie, et malgré mes réticences initiales, ma guidance intérieure m’a encouragé à l’accepter.

Ces objets ont une âme et un caractère propres. Lorsqu’on me demande de les toucher, je demande toujours leur permission. Parfois, ce sont eux qui veulent interagir avec quelqu’un. Ces objets sont intimes pour moi, donc les toucher revient à toucher une partie de mon intimité. Même lorsque je ne pars pas en cérémonie, ils veulent parfois venir. Lorsque je pars pour un soin, ce sont eux qui décident s’ils m’accompagnent ou non.

Ils ont également leur propre vie. Mon fouet, par exemple, a sa boîte attitrée, et pendant plusieurs mois, je n’ai pas eu l’autorisation d’ouvrir cette boîte. Je sentais qu’il œuvrait dans une autre dimension pendant que j’avais des paliers à passer de mon côté.

Le chamanisme est empli de magie naturelle, une magie qui reconnecte à celle de l’enfant. Je conseille d’y entrer humblement, tout en sachant se tenir grand. C’est un monde où tu es ta propre sécurité, avec tes alliés, pour sécuriser et servir au mieux les esprits et ceux que tu accompagnes.

Je ne suis pas chamane, je laisse simplement le chamanisme œuvrer à travers moi. Je me porte garant de ce qui doit l’être.

Avec tout mon Amour,

Samu Ailes.